samedi 24 octobre 2015

Jour d'anniversaire

Ma maman de cœur m'a accompagnée pendant 16 années.
Elle fut ma mère bienveillante, prodigue en conseils et attentive à tout
ce qui me touchait.
La peine que j’ai ressentie n’a pas débuté à sa mort, non… sa maladie fut
longue et douloureuse. J’ai écumé les hôpitaux parisiens pour la voir, me
demandant à certains moments si elle était encore en vie. De rechutes en
rémissions, de retour à la maison en retour à l’hôpital, de séances de
kiné en en séance de chimio, la maladie a mis au moins 3 ans à la torturer
et à l’achever. Je me suis retrouvée dans le silence au fort pouvoir
d’écho des escaliers lugubres des hôpitaux à sangloter comme une folle.
Adressant à Dieu des suppliques insensées. A demander des comptes pour
ceux qui sont exemplaires et qui meurent lorsque d’autres franchement
méchants vivent jusqu’à un âge très avancé.
Peut-être est-ce le silence qui a finalement apaisé mes demandes de justice ? 
Lorsqu’un pilier tombe, tout s’effondre.
 
Aujourd'hui j'ai 47 ans. Une gamine.
Sans elle. 

mercredi 30 septembre 2015

...

Hier j'ai rafraichi mon répertoire téléphonique, calepin rouge bien organisé, bien trop policé à mon goût. A la lettre B il y avait en tête de liste ton nom. j'ai opté pour l'effacement des numéros qui résonnent depuis tant de mois dans le vide.
J'écris aujourd'hui ceci : je ne puis effacer ton nom du répertoire et je pleure en écrivant à l'instant.
Tout ça est absurde.
Le savoir ne me console en rien.

Quand au détour d'une idée passante, ton image revient toquer à mon esprit, je m'accroche pour ne pas sombrer dans la mélancolie.

Te voir en lumière d'automne et fermer très fort les yeux pour oublier que tu n'existes plus.

...

samedi 25 avril 2015

Halte au cimetière

Je rapporte de toi mon spleen et mes émerveillements, mes souvenirs de discussions passionnées et nos confidences de femmes meurtries, ton goût pour les orchidées et ma main résolument pas verte du tout, nos échanges artistiques en diable et nos expositions à déambuler tout l'après-midi, nos déjeuners succulents et ton café rempli de bleu, ton chien trop chien et ton chat trop chat, tes remontrances de mère pour une fille qui n'était pas de toi, ton temps sans compter et mon temps toujours speed, mes années sans toi et ton temps trop court, ta vie sacrifiée et ta vie aimante, tes hommes peau de chagrin et tes amis au grand cœur, tes deuils injustes parce qu'ils sont toujours injustes, et cette tombe où ton nom n'est même pas inscrit.

Ma mère de cœur ~
comment lister une vie
qui ne se veut finir