Ma maman de cœur m'a accompagnée pendant 16 années. Elle fut ma mère bienveillante, prodigue en conseils et attentive à tout ce qui me touchait.
La peine que j’ai ressentie n’a pas débuté à sa mort, non… sa maladie fut longue et douloureuse. J’ai écumé les hôpitaux parisiens pour la voir, me demandant à certains moments si elle était encore en vie. De rechutes en rémissions, de retour à la maison en retour à l’hôpital, de séances de kiné en en séance de chimio, la maladie a mis au moins 3 ans à la torturer et à l’achever. Je me suis retrouvée dans le silence au fort pouvoir d’écho des escaliers lugubres des hôpitaux à sangloter comme une folle. Adressant à Dieu des suppliques insensées. A demander des comptes pour ceux qui sont exemplaires et qui meurent lorsque d’autres franchement méchants vivent jusqu’à un âge très avancé. Peut-être est-ce le silence qui a finalement apaisé mes demandes de justice ?
Lorsqu’un pilier tombe, tout s’effondre.
Aujourd'hui j'ai 47 ans. Une gamine.
Sans elle.