vendredi 7 novembre 2014

Un autre jour



Il y a des soirs où tu ne sais plus comment tu t’appelles ni pourquoi tu t’accroches comme ça au rebord de ton plan de travail fariné, le corps secoué de larmes qui sortent à grands bruits, t’inquiétant de ne pas en faire trop fort de ce bruit qui jaillit de toi.
Des soirs où sans comprendre pourquoi ce soir-là et pas un autre tu ressens plus intensément l’amputation, car c’est le seul mot qui te vient à l’esprit, l’amputation dans ta vie de celle qui t’a aimée et accueillie dans sa vie à elle comme une mère, une seconde, la dernière.
Cette brèche ouverte et béante encore te revient à la gueule comme une gigantesque gifle et ton esprit n’arrive pas à canaliser son chagrin.
Ce qui fut n’est plus.
Ainsi en est-il.
Et pourtant tout en toi proteste, crie à l’erreur et à l’injustice.
Ne te reste que l’écrit.
Pour y coller tes larmes, renifler un bon coup, salir de ton eau chaude les touches de ton clavier et te prendre pour Scarlett O’Hara en te disant que demain ça ira mieux, que demain est un autre jour.
Un autre jour sans elle.

Cimetière d’un soir
la pierre froide se chauffe
de mes larmes bleues

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