Maf vient de m’appeler, elle décommande notre déjeuner demain midi, la sciatique qui la paralyse depuis 2 jours est à son point culminant, un rdv avec son ostéopathe et des anti-inflammatoire entreront peut-être en scène demain ? Elle ne sait pas dans quel état elle sera et ne veut pas que je la vois souffrir. Aucune position ne la soulage.
Sa simple délicatesse, sa pudeur et son extrême sensibilité sont tout à son honneur.
Si elle savait combien je la crois.
Elle ne veut pas se montrer ainsi et offrir un spectacle qui pourrait embarrasser. Je lui réponds que je comprends, prétextant que si nous continuons à parler je vais pleurer.
Malin, ça.
L’image de quelqu’un en train de souffrir, là, devant moi, sans aucun des artifices que l’on évente direct lorsque cette scène est jouée au cinéma, je l’ai vu souvent. Toutes les fois où je suis allée voir Andrée dans les divers lieux où elle fut hospitalisée.
La voir se crisper brutalement, son visage se tordre en une grimace soudaine, un gémissement sourd et mon incapacité à l’en soulager.
La voir tous les mois perdre peu à peu son autonomie, sa pronation puis son équilibre.
Remonter les années en arrière, lorsqu’elle et moi arrivions à nous
voir régulièrement, lorsque mon mariage cachait encore sa mascarade, lorsque
je pensais peut-être ne plus rien penser, surtout, être juste là où il fallait.
Me voir effrayée au téléphone de n’avoir personne qui répond quand elle devrait être chez elle. Puis entendre son petit-fils m’expliquer que sa grand-mère est à l’hôpital. Comprendre que j’ai raté un train. Que décidément je ne suis pas une amie fidèle. Me regarder comme une merde. Me demander quelle est la raison à tout ça.
N’avoir aucune réponse.
Te voir souffrir Maf ? Je me sens tellement out que je serais bien capable de pleurer devant toi, t’offrant exactement ce que tu redoutes. Je suis un vrai cliché à moi toute seule.
Incapable de cacher quoique ce soit et se laissant aller sans pudeur.
Pas sortable.
A la fois hypersensible et en colère contre moi-même.
Me voir effrayée au téléphone de n’avoir personne qui répond quand elle devrait être chez elle. Puis entendre son petit-fils m’expliquer que sa grand-mère est à l’hôpital. Comprendre que j’ai raté un train. Que décidément je ne suis pas une amie fidèle. Me regarder comme une merde. Me demander quelle est la raison à tout ça.
N’avoir aucune réponse.
Te voir souffrir Maf ? Je me sens tellement out que je serais bien capable de pleurer devant toi, t’offrant exactement ce que tu redoutes. Je suis un vrai cliché à moi toute seule.
Incapable de cacher quoique ce soit et se laissant aller sans pudeur.
Pas sortable.
A la fois hypersensible et en colère contre moi-même.
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